Sous le jargon des « modes de gardes », des « offres de service » proposées, ce sont en réalité, des besoins non satisfaits, des personnels sous-payés, des déficits de qualification et de reconnaissance professionnelle. La réalité dans les zones rurales par exemple, c'est que la seule alternative aux kilomètres à parcourir pour trouver la première crèche ou des places sont disponibles, c'est celle de la nourrice surchargée, avec une demi-douzaine d'enfants qui se succèdent dans la journée de 14 heures, pour lui permettre d'atteindre péniblement le SMIC en fin de mois.

La question du service public de la petite enfance est également liée à la question de la condition des femmes, de celles qui devront choisir entre leur vie professionnelle et leur vie familiale : Le récent rapport sur le « service public de la petite enfance », rendu en février dernier par le centre d’analyse stratégique (CAS), relève que 30% des parents déclarent ne pas avoir accès aux modes de garde désirés (par manque de service de garde ou parce qu’ils sont trop chers), entrainant, pour 10% des enfants de moins de 6 ans, l’obligation pour la mère de travailler à temps partiel.

De la même manière, il est inacceptable de faire porter à l’enfant, par une entrée prématurée à l’école - parfois dès l’âge de 2 ans - le manque de solution de garde adapté.

Pour répondre à ces constats, il devient indispensable :

  • de développer les micros crèches dans les territoires ruraux,
  • d'encourager les crèches et haltes garderies à intégrer dans leur projet pédagogique des espaces de rencontres pour les parents (notamment pour les parent isolés),
  • de revaloriser le statut des assistantes maternelles, notamment parce qu'elles sont de plus en plus à l’épreuve des horaires atypiques des parents.
  • de développer des structures d’échanges d’expériences et de savoirs, favorisant, entre autre, le travail en réseaux pour les professionnelles de la petite enfance,
  • de garantir l'accès aux places de crèches pour les parents isolés, pour ceux qui perçoivent les minimas sociaux ou ceux qui retrouvent un travail.

Ces engagements sont ceux d'un véritable service public de la petite enfance.