Maraîchage biologique au Fond du Val
Par Stéphanie le dimanche 18 janvier 2009, 17:10 - Mont-Saint-Aignan city - Lien permanent
Drôle d'idée, que celle de faire pousser 2 hectares des légumes, en
agriculture biologique, en plein cœur d'agglomération ? Ce qui pouvait
passer pour un doux rêve d'écologiste, pourrait bien devenir une réalité à
Mont-Saint-Aignan.

À l'origine du projet, la vente d'un terrain d'environ 7 hectares, dont une
partie est encore exploitée par un maraicher, actuellement en retraite, sur le
fond du val (la fameuse côte bien connue des étudiants de
l'université).
La ville est concernée, d'abord parce que le site est classé
« remarquable » et protégé au PLU. Le site fait aussi
l'objet d'un programme d'action foncière qui permet à la ville d'acheter les
terrains, progressivement, pour mieux les préserver contre
l'urbanisation.
Adhérente d'AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne)
depuis plusieurs années, je suis frappée par l'importance croissante des
demandes des consommateurs citadins, de légumes de qualité,
biologiques, produits localement, mais aussi, par cette
recherche de liens avec celles et ceux qui travaillent avec la nature
pour nourrir les humains.
Aujourd'hui, la demande est forte, mais le nombre de maraîchers bio
en Haute Normandie n'atteint même pas la vingtaine ! La
pénibilité du métier et la difficulté d'accéder aux terrains agricoles
disponibles expliquent la lenteur du développement de cette activité
économique créatrice d'emplois!
Aux collectivités, maintenant, de donner le coup de pouce à cette
agriculture durable !
C'est forte de ce constat que j'ai pu convaincre l'équipe municipale de
Mont-Saint-Aignan, du projet d'installation d'une ferme maraichère
biologique au fond du val : Produire des légumes bio pour des
paniers d' « amapiens » et les cantines scolaires de la ville,
accueillir des jeunes pour les sensibiliser à la nature, à l'alimentation et la
santé, promouvoir des variétés de fruits et légumes anciens...
Aujourd'hui, passé le temps de la conviction, le montage du projet se
met en route :
- D'abord trouver les partenaires (et nombreuses sont les
collectivités locales à se préoccuper du développement de l'agriculture
biologique péri-urbaine!)
- Ensuite, trouver les finances (là, évidemment, il y a un
peu moins de monde qui se bouscule !) pour acheter les terrains, permettre à
l'actuel occupant de retrouver à se loger dans de bonnes conditions, rénover la
maison d'habitation, soutenir l'installation des équipements nécessaires à
l'activité de maraichage (serres, bâtiments...)
- Enfin, le plus important : trouver le maraîcher, porteur de projet, qui aura le talent et l'énergie pour se lancer dans l'aventure de cette activité économique hors du commun !...

Objectif : production au printemps 2010.


Commentaires
Formidable! Enfin du changement dans l'air. Ce site devant le quel je passe frequemment est en effet de toute beauté et reste un coin de nature au sein de l'agglomération. Un poumon vert pour nos poumons! Un espace de verdure pour nos yeux. Un lien avec la nature originelle pour notre âme!
Des constructions même les plus respectueuses, restent des constructions et nous nous rejouissons que le choix de garder de la nature est "pré-value". Le bonheur est dans le pré!
Esperons que les legumes qui pousseront là ne subiront pas trop de pollution citadine.
En tout cas bonne chance, et longue vie à dame nature, longue vie aux humains.
Comme ça, l'idée paraît excellente, mais peut-on être assuré que cet endroit n'est pas pollué par les émanations des industries chimiques de la rive gauche et de l'usine d'incinération.
Et puis faisons en sorte que cette future exploitation ne peine pas trop sous le poids d'une administration, fut-elle verte...
Oui, excellente idée pour ma part je suis personnellement positioinner sur le projet; par courrier au mois de novembre 2008 avec Mr Roche par téléphone au mois de janvier. Toutefois le cout de la reprise du foncier via la SAFER est de 300 000€, avis au donateur !!! Car avec réalisme un maraicher avec 2ha cultivable même très motivé aura du mal à rentabiliser un tel projet.
Il me semble que la puissance publique devrait jouer son rôle... D'autant que la surface cultivé en bio en Normandie est inférieur à 1% (chiffre chambre d'agri). De plus l'effet d'annonce grennelle prévoit 20% de SAU en bio.
Alors pour arriver à ce chiffre on a trouvé un remède revoir à la baisse le niveau de qualité du cahier des charges bio (source canard enchainé 21/01 page5) via les réglements europeens pour uniformiser les normes. Dommage !
@ marco: Les chiffres que vous annoncez ne sont pas tout à fait exacts, et globalement, je vous rassure, il ne s'agit pas de faire porter le cout du foncier par le maraicher !
Le site fait l'objet d'une protection en tant qu'espace remarquable, et c'est à ce titre que le programme d'action foncière est d'ores et déjà mobilisé.
Sur votre remarque sur l'objectif du grenelle, je vous rejoints, la puissance publique a un rôle à jouer ! Etat, collectivités territoriales, organisations professionnelles, tout le monde doit s'y mettre !
Madame Taleb Tranchard,
Je serais vivement intéressé par vos chiffres, pour ma part c'est ce coût qui m'a été annoncé, ni plus ni moins. Je tiens à vous refaire part de ma motivation si vous cherchez un maraicher motivé, dynamique et entreprenant.
Bien cordialement.
Pour ajouter au débat, l'association Terre de Liens se propose d'acheter des terres dans le cadre de tel projet. Peut être serait il interessant de se rapprocher de leur fondation.
Bien à vous.
http://www.terredeliens.org/spip.ph...
Bravo pour les élus qui s'engagent, le foncier est en effet inaccessible pour des petits projets de maraîchage bio local. Ils permettent tout juste de se rémunérer par un petit smic et le métier est technique et parfois assez pénible, mais il y a aussi ces brefs moments intenses de connexion avec l'être et le bonheur de nourrir sainement la vraie nature des hommes. De tels projets et une telle démarche amène un énorme supplément d'âme aux hommes et à la terre qui le soutiennent.